Comment se protéger contre le radon dans sa maison ?

La radioactivité est présente partout dans la nature, à savoir dans l’air, l’eau, le sol, ou encore les matières premières. Lorsque la concentration en radioactivité est importante, la menace est alors d’autant plus élevée. Mais la radioactivité est également en mesure de s’infiltrer dans les habitations et pas uniquement dans celles se trouvant non loin d’une centrale nucléaire. La radioactivité peut ainsi provenir du radon, qui est un gaz susceptible d’émaner du sol, ainsi que des matériaux de construction. Les fissures, comme les remontées d’humidité du sol, favorisent les infiltrations de radon au sein d’une habitation.

 

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Un gaz radioactif et nocif

Le radon est un gaz radioactif qui provient de l’altération du radium, de l’uranium et du thorium, contenus dans la croûte terrestre. Le radon est majoritairement présent dans les terres riches en phosphates, les schistes argileux et les sols granitiques. Plus de la moitié de l’exposition à la radioactivité naturelle serait due au radon. L’émission du radon en direction de l’atmosphère est notamment conditionnée par les caractéristiques des sols et des roches, ainsi que les conditions météorologiques. Les espaces clos favorisent particulièrement l’accumulation du radon. Le gaz peut également être issu de l’eau de distribution et des matériaux de construction.

Humidité ascensionnelle et fissures. Des facteurs propices à la contamination au radon

Le radon peut être présent au sein d’une habitation, mais sa concentration varie selon les caractéristiques du terrain de construction et les propriétés techniques du bâtiment. Le gaz, lorsqu’il s’infiltre par le sol, affecte dans un premier le sous-sol, le plancher bas et la cave, de la maison. Ce sont ensuite les étages supérieurs du logement qui peuvent être contaminés par le radon. Par ailleurs, les remontées capillaires d’humidité, les passages de canalisations et les fissures, favorisent l’infiltration du radon dans l’habitacle. Certains facteurs tendent à multiplier les risques de contamination au radon, comme de mauvaises habitudes quotidiennes des habitants, notamment en l’absence d’un système de ventilation de la maison.

Évaluer le risque de radon dans votre maison

Pour réussir à évaluer le risque de radon dans un logement, il est possible de se renseigner auprès de l’IRSN, à savoir l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, ainsi qu’en mairie.
L’IRSN est un organisme mène des recherches et réalise des expertises sur les dangers de la radioactivité. Une cartographie du risque de radon et des formations géologiques a ainsi pu être établie. La carte classe les communes dans trois catégories différentes, en fonction du risque potentiel de radon présent. Par ailleurs, en complément des données de l’IRSN, la mairie est également en mesure de fournir des informations sur le risque de radon dans une commune donnée, mais aussi sur l’activité minière existante.

Quand le radon s’accumule dans un logement

Le radon est un gaz radioactif, impossible de détecter à l’oeil nu, car il est inodore et incolore. Pour en mesurer la concentration, l’emploi d’un détecteur nommé dosimètres radon est nécessaire. Il est également possible de faire appel à un organisme agréé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire effectuer les mesures dans sa maison. Cependant, l’utilisation d’un dosimètres radon, disponible à l’achat comme à la location, est à la portée de tous. Les renseignements obtenus peuvent ensuite être interprétés à l’aide de la notice fournie avec l’appareil. Afin que les relevés soient représentatifs, la mesure doit avoir lieu dans les pièces les plus fréquentées du logement, de jour comme de nuit et durant plusieurs semaines, si possible en hiver.

Les effets désastreux du radon sur la santé des personnes

Le radon pénètre dans l’organisme par simple inhalation et a pour effet d’irradier les tissus en se déposant. En cas d’exposition prolongée au radon, les occupants d’un logement peuvent parfois aller jusqu’à développer un cancer du poumon, en particulier lorsque l’habitacle n’est pas suffisamment aéré et ventilé. D’après l’étude menée par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) sur le radon en France, ce gaz occuperait la place de deuxième cause de cancer du poumon, après le tabac et devant l’amiante, soit 1.200 à 3.000 décès par an. L’exposition reçue par les personnes dépend de deux paramètres principaux, à savoir la concentration en radon et le temps passé dans la maison. C’est la raison pour laquelle vous devrez effectuer les mesures dans les pièces les plus occupées de l’habitation, afin de connaître le risque maximum encouru, en ce qui concerne l’état de santé des personnes. Attention, si vous fumez : un fumeur a vingt fois plus de risques de d’être atteint d’un cancer du poumon, qu’une personne ne fumant pas, en cas d’exposition équivalente au radon.

Les mesures préventives contre le radon

La question de la radioactivité dans les habitations est à ce jour devenue un enjeu d’ordre national, notamment à travers la mise en place d’un plan d’actions pour la gestion du risque lié au radon depuis 2011. Ce plan projette d’instaurer de nouvelles règles de construction, visant à limiter les risques d’exposition au radon. Concernant les constructions existantes, des solutions sont actuellement envisagées, afin de réduire au maximum la teneur en radon présente dans les logements, comme par exemple l’installation de systèmes facilitant le renouvellement de l’air intérieur (VMC). La création de barrières contre le radon est également possible, permettant de consolider l’étanchéité entre la construction et le sol (rebouchage des fissures, coupure de capillarité, colmatage des passages de canalisations, etc). En complément de toutes ces mesures, la mise en surpression de l’habitacle peut être nécessaire, ou bien la mise en dépression de la partie basse de la maison (vide sanitaire et sous-sol), voire même du sol.